Questions et conclusion.

Questions diverses sur les relais. 1: Mousqueton à vis ou mousqueton simple? Le principe est simple, dés qu’un grimpeur dépend d’un seul mousqueton, il faut que celui ci soit à vis ou automatique (mousqueton primaire, mousqueton du système d’assurage, vache…), si l’on est sur 2 mousquetons, on peut utiliser des mousquetons simples. La probabilité qu’un…


Questions diverses sur les relais.

1: Mousqueton à vis ou mousqueton simple?

Le principe est simple, dés qu’un grimpeur dépend d’un seul mousqueton, il faut que celui ci soit à vis ou automatique (mousqueton primaire, mousqueton du système d’assurage, vache…), si l’on est sur 2 mousquetons, on peut utiliser des mousquetons simples. La probabilité qu’un mousqueton simple s’ouvre est très faible surtout si l’on reste en tension. Dans le cas où il manque un mousqueton à vis on peut utiliser 2 mousquetons simples avec les ouvertures opposées.

2 : Vache ou corde?

Pour se longer au relais, on peut utiliser:

Soit une vache ou longe, c’est rapide avec un groupe, mais un peu encombrant sur le baudrier

Soit avec sa propre corde, cela permet d’avoir une grande marge de longueur pour être en tension. Le cabestan est le meilleur nœud pour cela car il est facilement réglable et se défait rapidement, par contre cela prend plus de place sur un mousqueton et bien sûr il faut savoir le faire sans erreur!

Parfois on peut se vacher avec sa longe et en vache molle avec sa corde, s’il y un risque de chute de pierres qui peut couper la longe sous tension.

3 : Mousqueton primaire HMS?

Les tests de l’ENSA viennent contredire l’article de Philippe Brass dans montagne magazine n°452 sur la fiabilité des mousquetons HMS au relais. Nous pouvons donc utiliser les mousquetons HMS comme mousqueton primaire. Les mousquetons types B sont aussi utilisables mais plus étroits.

4 : Où mettre le point de renvoi?

Quand le leader part du relais, il faut impérativement qu’il mette un point de renvoi le plus rapidement possible. Pourquoi? Pour éviter en cas de chute du premier de cordée que l’assureur soit tiré vers le bas (situation très délicate!!!) et pour éviter le facteur de chute 2 qui est la pire configuration en terme de force choc sur le relais.

Comme nous l’avons vu, sur un relais avec 2 points « bétons » cela ne pose pas de problème de le mettre sur un point du relais, à part le risque pour l’assureur de se coincer les doigts dans le mousqueton en cas de chute. En terrain d’aventure il faut bien sûr essayer de mettre un point très prés du relais pour éviter un facteur de chute 2. Si ce n’est pas possible l’on peut réduire la force choc sur le relais en faisant descendre l’assureur plus bas pour augmenter la longueur de corde disponible, en ne mettant qu’une des 2 cordes de rappel (la force de choc maximum autorisé est de 8kn et elle est  souvent moindre chez les fabricants, inférieur à 6kn chez Béal par exemple), en passant cette corde dans le mousqueton primaire  et pas sur le point supérieur du relais( qui risque de s’arracher!) et en mettant une dégaine absorbeur de choc qui réduit la force choc de 20 à 50%  ou la plaquette slide de Kong et bien sûr si c’est pas dangereux pour le grimpeur en assurant dynamique.

5 : Le relais doit aussi résister avec une traction vers le haut.

Au cas où la chute du premier de cordée propulse l’assureur vers le haut , le relais construit avec des coinceurs risque de s’arracher il faut que le relais soit contre-assuré par le bas.

6 : Sangle dyneema , cordelette en kevlar ou anneaux de corde (polyamide) pour confectionner un relais?

Ces trois matériaux ont des propriétés différentes ( fichier PDF ici) mais les tests réalisés sur le site américain HowNOT2 montre qu’en statique les différents relais réalisés avec ces trois matériaux résistent jusqu’à au moins 20KN (qui est la résistance des mousquetons). Une chute sur le relais de facteur deux se fait toujours par l’intermédiaire de la corde d’escalade dynamique qui absorbe la majeure partie de la force. Dans ses recommandations de juin 2024 la FFME dit que les sangles en dyneema peuvent être utilisées pour confectionner des relais. Vous avez donc le choix entre un relais fait avec de la corde d’escalade (Dynaloop , SAR) à l’aspect robuste, sécurisant mais lourd et encombrant ou avec des anneaux de sangle dyneema ou des cordelettes 5.5mm (kevlar ou dyneema) fines , légères mais statiques et qui paraissent fragile!

7 : La redondance

La redondance, c’est le filet de sécurité en escalade, on double voire on triple les éléments critiques du système de sécurité pour éviter un accident dramatique en cas de rupture de cet élément. Nous avons vu que nous doublons les points d’ancrage au relais, que la rupture de la sangle ne doit pas entrainer la chute du relais. Mais jusqu’où doit aller la redondance? A l’auto-assurage? Doit t’on systématiquement avoir une longe plus une vache molle? Et le mousqueton primaire doit-il être doublé? Et le système d’assurage et la corde!!! C’est là que l’on voit les limites de la redondance, trop de redondance complexifie le système, l’alourdit, et le rend plus onéreux!

Conclusion.

Dans les critères SÉRACS de construction d’un relais en terrain d’aventure , c’est le premier Solide qui est le plus important. En effet si vous respectez tous les autres critères mais que vos ancrages , le rocher , les sangles sont fragiles , le relais sera dangereux! Globalement un relais doit être, inarrachable, à l’abri des chutes de pierres et du leader et si possible confortable. Comme on l’a vu , il existe plusieurs possibilités de relais, c’est au leader de choisir et de s’adapter en fonction du terrain, du matériel qu’il possède et du niveau de risque accepté ( relais avec dynaloop et trois mousquetons de sécurité ou relais avec sangle dyneema et 2 mousquetons simple et un HMS par exemple).


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